29 juillet 2006
Depeche Mode - Construction Time Again
Après le départ de Vince Clarke à la sortie de Speak'n Spell et un deuxième album moyennement convaincant, Depeche Mode se reconstruit à nouveau, avec l'arrivée d'un quatrième membre : Alan Wilder, se révélant vite indispensable. Construction Time Again, sorti en 1983, est selon moi, le premier vrai album du groupe. Alan, technicien et musicien talentueux y est pour beaucoup car il apporte des sons avant-gardistes et industriels se mariant ingénieusement aux paroles et musiques de Martin Gore, les thèmes plutôt engagés dénonçant la pollution, le nucléaire, le capitalisme. 2 titres sont même écrits par Alan Wilder : 'Two Minute Warning' et 'The landscape is changing'. Album totalement cohérent donc. Puisque le monde est changeant, autant offrir un nouveau style sonore, qu'on pourrait appeler : Pop Indus. Ce n'est pas pour autant que les chansons se ressemblent toutes, au contraire. 'Pipeline' est par exemple très sombre, voire cauchemardesque, 'Shame', sorte de reggae électronique difforme, ou encore 'More than a party' dont le tempo va crescendo et évoque le vacarme des machines industrielles. On remarquera aussi la voix de David Gahan qui a pris de la maturité. La pochette illustre le thème général de l'album telle une métaphore. Le groupe se défend plutôt bien depuis le départ d'Alan Wilder en 1995, se consacrant alors à plein temps à son projet solo : Recoil.
en extrait : Shame
27 juin 2006
The Moody Blues - Days of Future Passed
Après les Creedence, voici un autre groupe que mon père a tenu me faire découvrir.
The Moody Blues créèrent ce premier album en 1967. Toute l'oeuvre repose sur un question-réponse entre le groupe et l'orchestre : le London Philarmonic Orchestra. Les thèmes joués par l'un et par l'autre évoquent différents moments d'une journée, dirons-nous ordinaire. Justin Hayward (chant, guitare), John Lodge (chant, basse), Ray Thomas (flûte) et Graeme Edge (batterie) surprennent par leur rock'n'roll symphonique qui tend parfois vers les Beatles dans leur style pop orchestre, ou les Pink Floyd dans leurs visions psychédéliques. La journée se termine par les bien connues "Nights in white satin". Une oeuvre subtile de la pop anglaise des années 60.
A noter que les Moody Blues, toujours en activité à ce jour, ont été accompagnés par le London Philarmonic Orchestra durant un concert magistral donné en 2000 au Royal Albert Hall (disponible en DVD, "The Moody Blues - Hall of Fame").
en extrait : Tuesday Afternoon - Forever Afternoon (Tuesday ?)
13 avril 2006
Creedence Clearwater Revival - Pendulum
Cet album datant de 1970, je l'écoutais lorsque j'avais 5 ou 6 ans, en vinyl. Je le redécouvre aujourd'hui près de 25 ans plus tard en le louant à la médiathèque. Creedence Clearwater Revival est ce vieux groupe des années 60, connu pour des succès tels que 'Suzie Q', 'Up Around The Bend', 'Fortunate Son', la reprise excellente de Marvin Gaye 'I Heard It Through The Grapevine', ou encore 'Have You Ever Seen The Rain ?'. Cette dernière se trouve sur Pendulum. Le reste de l'album ? J'ai été séduit par ce son, différent des albums précédents et les chansons sont un peu moins Blues Rock. L'ajout du clavier est judicieux. 3 ballades magnifiques : la précédemment citée puis 'Just To Tought' et '(Wish I Could) Hideaway'. Les autres sont inventives et bien plus ryhtmées. On sent qu'à cette époque, le groupe avait mûri et pouvait se livrer à de nouvelles expériences musicales, bien équilibrées avec la voix originale de John Fogerty et les choeurs. En témoigne le dernier titre de l'album 'Rude Awakening #2' , dont l'introduction à la guitare classique nous leurre quant à la suite du morceau car tout devient bizarre et finit en apocalypse. Un disque bien produit à posséder quand on aime le rock des années 60.
http://www.creedence-online.net/
20 janvier 2006
The Cure - Disintegration
Il arrive parfois dans la vie, de se sentir désintégré. Sentiment qui pourrait venir d’un choc émotionnel assez fort tel que la rupture amoureuse, la perte d’un proche, ou même la perte d’emploi. Comment faire passer la douleur à ce moment crucial où la dépression guette, prête à vous encercler vicieusement ? En 1989, Robert Smith et son groupe créent Disintegration. On se demande quel état d’esprit accompagne les musiciens du groupe durant l’écriture et la composition de l’album. La fin de Cure ? Alors que la formation à l’époque est l’une des meilleures dans l’histoire du groupe ? La rumeur ne l’emporte pas. Ce disque emprunt de douceur, de douleur, de rage, et de mélancolie jouit d’une production excellente et cerne l’émotion du moment. Le titre de l’album semble être en totale synchro avec les chansons. Maintenant, écouter Disintegration dans le blues, en se laissant porter par la musique, n’est peut-être pas un remède… Plus ou moins un tranquillisant. Mais de bonne humeur, c’est aussi agréable car l’album est original.
18 novembre 2005
Depeche Mode - Playing The Angel
Enfin, un album fraîchement
sorti, dans mes chroniques ; comment aurais je pu passer à côté du nouveau
Depeche Mode – leur onzième album – datant du 17 octobre 2005 ?
Impensable. Playing The Angel est largement à la hauteur de mes espérances. Il
reprend les ingrédients qui ont fait le succès du groupe depuis maintenant un
quart de siècle : sons novateurs et production parfaite, diversité de tempo
et de style, guitares épurées, textes bien écrits, Dave Gahan au sommet de son
art et des arrangements vocaux qui ne déçoivent en aucun cas. La particularité
de ce dernier opus est l’écriture de trois textes par Dave.
Débutant par une intro tonitruante évoquant les anciennes ‘I Feel You’ ou
‘Barrel Of A Gun’, ‘A Pain That I’m Used To’ annonce la couleur et les 2 titres
suivants ne sont pas moins époustouflants. ‘The Sinner In Me’ nous transporte
dans une sorte de transe rock électronique intense. ‘I Want it all’ repose par
ses mélodies berçantes. ‘Nothing’s Impossible’ nous plonge dans une étrange
obscurité sonore. ‘Macro’ et ‘Damaged People’ nous rappellent à quel point
Martin Gore est un talentueux musicien et compositeur. ‘The Darkest Star’
conclue l’album en beauté. Et 'Precious' ? Un tube à la fois nostalgique et
moderne, on a l’impression de réécouter nos vieux disques de DM mis à jour. Un
vrai bonheur auditif et une excellente manière de fêter ses vingt-cinq ans de
carrière.
14 septembre 2005
Michael Jackson - Thriller
1982, après le très funky Off The Wall, Michael sort son deuxième album, Thriller, celui qui battit le record des ventes et qui fit de lui « The King of the Pop » (est-ce que Prince est le prince de la Pop ? Est-ce que Queen est la queen de la Pop ? ...sans commentaires, c'est aussi stupide que ça en a l'air). Effectivement, Thriller déborde de tubes "Pop" : Beat It et ses guitares hard-rock jouées par Eddy Van Halen, Thriller avec la voix effrayante de Vincent Price, Billie Jean et son refrain inoubliable, The Girl is Mine en duo avec Paul Mac Cartney… Il n’y a pas une chanson plus mauvaise qu’une autre. Thriller mérite bien sa réputation d’album le plus vendu de tous les siècles, mais le plus intéressant se passe dans nos oreilles. On peut écouter l’album une fois, deux fois, même dix fois sans découvrir toutes les subtilités musicales que regorge l’album. Encore aujourd’hui j’entends pour la première fois des notes bien camouflées par la production divinement assurée par Quincy Jones. Si vous pensez tout connaître de Thriller, alors remettez en question votre aptitude à apprécier pleinement la musique. Faites-vous le offrir, c’est un cadeau culturel de très grande valeur !
07 septembre 2005
The Cure - Seventeen Seconds
1980. The Cure enregistre Seventeen
Seconds, le premier album d’une marquante et indispensable trilogie (avec Faith
et Pornography). A l’exception de 2
chansons pop (Play for Today, M) et d’un titre phare – A Forest
- (comme
beaucoup d’autres dans leur discographie) dont les paroles à elles
seules sont un clip vidéo, on découvre une pop audacieuse, new-wave
avant-gardiste. Le son est
soigné et les arrangements d’une déconcertante simplicité. A Reflection,
introduction épurée par le piano de Mathieu Hartley, Secrets qui laisse la part belle à la
basse de Simon Gallup, In Your House où se joue un arpège
par l'emblématique Robert Smith, Three où la batterie de Lol Tholhurst semble être jouée par
un véritable automate, The Final Sound, instrumentale fantomatique au piano, At
Night magistrale ténébreuse et Seventeen Seconds conclue l’album comme il a commencé. De
la new-wave pop abstraite, ou cold wave, on ne s’en lasse pas une « seconde »…
ou 17 !
www.thecure.com
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31 août 2005
Joy Division - Closer
1980. Closer est enregistré à Londres et 2 mois plus tard, Ian Curtis, le chanteur se pend dans sa cuisine. Tragique histoire qui peut faire froid dans le dos et qui peut d’une certaine manière expliquer l’ambiance apocalyptique de l’album. Les arrangements et le son sont propres, les musiciens jouent juste. La voix de Ian Curtis semble sortir d’outre-tombe et contribue à interpeller l’auditeur. Cela finit par 2 titres qui semblent annoncer le deuil du chanteur et donc du groupe avant l’heure (les membres du groupe formeront quelques temps plus tard New Order avec un nouveau chanteur). Closer est à écouter en noir, dans le noir, quand vous voyez tout en noir. Particulier, intéressant et bouleversant.
29 août 2005
David Bowie - Hunky Dory
Son
troisième album sorti en 1971 (sans compter ses essais en début de
carrière). Voici un album magnifique, par un Bowie qui nous livre
l'essence même de son oeuvre : de très grandes chansons accompagnées de
tubes Pop. En témoigne ce Changes qui commence l'album. C'est
l'époque du Glam-Rock, c'est-à-dire du punkpop acidulé strass et
paillettes androgyne (dans le même genre, dans les 70's, voir Elton
John, ou en France Michel Polnareff, de bons
pianistes en somme). Et des ballades, ça ne manque pas, puisque les 3
titres suivants sont joués principalement à cet instrument plein de
sensibilité. Life On Mars est un pur joyau dans ce genre là
et qui a malheureusement été diffusé trop intensément dans une
publicité aux heures de grandes audiences. Des ballades à la guitare
comme Quicksand ou The Bewlay Brothers, ça sent le romantisme et c'est beau (Quicksand a été magnifiquement chanté et joué en duo avec un toujours excellent Robert Smith des Cure lors du 50e anniversaire de Bowie). Andy Warhol, plutôt étonnant, à la guitare. Queen Bitch est le seul morceau énervé de l'album. C'est pourtant dans ce genre que Bowie excellera dans The Rise and Fall of Ziggy Stardust, son album suivant (genre qui influença au même titre que Iggy Pop et les Stooges de nombreux groupes de punk à la fin des années 70, comme Sex Pistols par exemple).
23 août 2005
Tricky - Maxinquaye
Le premier album de Tricky en 1995. C'est l'album synonyme de Trip-hop. Ingénieux. Ca commence avec Overcoma, puis Ponderosa,
les 2 titres sont tripants et vous emportent déjà à mille lieues de
votre petite vie. Vous êtes prévenus et il vaut mieux écouter ça la
nuit, ça peut endormir c'est vrai, mais c'est à peine cauchemardesque
comme ambiance (Strugglin' est le pire des morceaux). Cela
ressemble plutôt à un tranquilisant. L'avantage, c'est qu'il n'y a pas
besoin de prendre de stupéfiants pour prendre un trip, et ça n'est pas
nocif pour la santé. On reconnaîtra un tube dans Brand New You're Retro (Bad de Michael Jackson) qui avec Black Steel sont les 2 titres les plus vifs, et la 4ème piste, Hell Is Around The Corner a inspiré le titre qui a révélé un autre grand du trip-hop, Portishead avec son Glory Box, vous l'aurez sans doute reconnu. Donc
un album somnifère sans ordonnance, d'une atmosphère planante et
relaxante. On se sent relâché. Personnellement, un "must" du trip-hop.




